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Bilan et perspective - |
Maurienne
- Stade un Gagnant ;-)
- Edito du 24 mai 2003
- Pro B :
(30e journée)
- Le Stade Clermontois fait ses comptes
Entre Bilan et perspectives
Le championnat n'est pas encore terminé et
on ne sait pas ce que les
play-offs vont réserver
au Stade Clermontois. Pourtant, celui-ci travaille déjà à la
saison prochaine, dans l'optique d'une nouvelle campagne
en Pro B. Bilan et perspectives avec Claude Vazeille,
son président, et Jean-Aimé Toupane, son
entraîneur, à la veille du dernier match
de la phase régulière, demain (20 heures), à Maurienne.
JEAN-AIMÉ TOUPANE (entraîneur)
« J'ai envie de rester »
Même si la saison n'est pas
tout à fait finie, quel bilan dressez-vous en
tant qu'entraîneur ?
« Il est très positif au regard du travail fourni et des
résultats. Le mérite en revient aux
joueurs plus qu'à moi. Eux ont
couru, transpiré, souffert ; Toupane,
lui, a aboyé. Le bilan est même trop positif, car dangereux dans
la mesure où il pourrait laisser penser qu'on est arrivé. Or, il
faut que l'humilité, la modestie restent de mise, car plus on s'approche
du sommet, plus les paliers sont difficiles à franchir».
Tout de même, n'avez vous pas été étonné par
cette réussite ?
« Oui, par le fait que nous ayons joué les yeux dans les yeux avec
les meilleurs. Mais je pensais dès le départ que nous avions un
gros potentiel. J'avais décelé que mes
joueurs avaient des moyens et une marge de progression. En plus, ce ne sont
pas des gens blasés, mais qui, au contraire, avaient envie de prouver
et c'est toujours plus facile pour un entraîneur de travailler avec des
personnes enthousiastes, de grandes qualités morales et avec lesquelles
tout est transparent. J'avais la matière première, pas le produit
fini, et pour quelqu'un qui aime bosser, c'est riche et intéressant. J'ai
pris du plaisir à travailler avec eux ; cela m'a apporté beaucoup
humainement et techniquement. J'espère que l'échange va continuer ».
Faut-il comprendre que vous voulez
poursuivre l'aventure ?
« Sincèrement, je n'ai pas envie de partir. Mais on ne sait jamais.
Je ne veux pas continuer à n'importe quel prix. Derrière, il y
a nécessité de se structurer car c'est l'équilibre entre
l'administratif, le financier et le sportif qui est le garant de la pérennité du
projet basket à Clermont. Toutes ces parties doivent chercher à optimiser
leur rendement. Il faut que ses initiateurs s'investissent tout autant que les
joueurs le font comme des fous sur le terrain. C'est le moment de battre
le fer compte tenu de notre saison. On est entré en Pro B par la fenêtre,
on tire toujours sur la corde et cela ne peut pas tenir longtemps ainsi. D'ailleurs
le projet existerait-il encore s'il n'y avait pas eu les
résultats sportifs ? Cette année, on a eu le plus petit budget
de Pro B (avec Maurienne) pour une production de haut de tableau.
Entre les deux, il y a de la marge, un juste milieu. On est une PME ; il faut
que ça bouge, même si je sais que, les dirigeants essayent de
chercher de nouveaux moyens. Seulement, n'aurions-nous pas été montrés
du doigt, moi le premier, si nous n'avions pas eu de résultats ? Que
m'aurait-on dit si, dans ce cas-là, j'avais répondu que j'essaye
d'en avoir ? ».
« UN JOUEUR MAJEUR PLUS LAUVERGNE »
En attendant, vous faites comme si
vous restiez à Clermont.
« J'agis comme un professionnel. Mon contrat court jusqu'à la fin
du mois de juin. Mais je prépare la prochaine saison comme si je restais
là, même si j'ai donné une date butoir aux dirigeants, fin
mai. J'ai passé un contrat moral nickel avec les
joueurs : s'il devait y avoir un changement, ils seraient les premiers avertis.
Mais, même si la conjoncture par rapport aux coaches n'a jamais été aussi
favorable, encore une fois, j'ai envie de rester.
D'autant qu'on a la chance d'avoir cet outil exceptionnel que va être la
Maison des Sports. Il faut avoir la volonté de construire dessus
comme Villeurbanne, Chalon-sur-Saône l'ont fait à une époque
où ils étaient dans la même situation que nous. Il faut
vite rattraper notre retard car cela va se jouer dans les deux-trois prochaines
années sachant que cette équipe est
encore jeune donc dans une phase de progression ».
Souhaiteriez-vous la garder dans
son intégralité ?
« On repart toujours sur la base des moyens dont on dispose. Cela dit,
je ne suis pas un partisan des gros changements, d'autant que ce
groupe, je le répète, est perfectible. Toutefois, il me semble évident
qu'il nous faut un joueur à la fois majeur et leader au poste 1 ou au
poste 3. A ce dernier poste, on a manqué de taille et cela dérègle
la machine. Or, on s'est aperçu, au bout du compte, que toutes les équipes
de haut de tableau ont fait la différence précisément à ce
niveau. Nous avons déjà quelques contacts et si on peut renforcer
les deux secteurs, tant mieux. C'est le plan A, l'idéal dans un objectif
de haut de tableau, voire mieux. Mais restons raisonnable avec un plan B qui
s'inscrit dans le même processus de progression et qui consiste à prendre
ce joueur majeur, à convaincre Stéphane
Lauvergne de rejouer, lequel restera mon assistant en short car il est le
garant même de l'éthique même de Clermont, et un ou deux jeunes
dans une logique d'évolution personnelle pour étoffer l'effectif.
Dans ces cas, j'adhère ».
CLAUDE VAZEILLE (président)
« L'expérience et la Maison des Sports »
Même si la saison n'est pas
tout à fait finie, quel bilan dressez-vous en
tant que président ?
« Il faut rappeler que l'objectif initial était le maintien. A l'arrivée,
nous sommes en play-offs. Cela veut dire
que les neuf garçons qui
composent l'équipe sont
des joueurs modèles et se sont complètement investis dans le projet
du club, malgré toutes les embûches et les chausse-trappes qui nous
ont été tendues. En réponse, ils ont fait preuve de solidarité et
ont prouvé leur valeur et leur grande force morale. Cette mayonnaise a
pu prendre parce que le chef cuisinier, Jean-Aimé Toupane,
et ses adjoints, Stéphane
Lauvergne et Daniel Perrin, ont su parfaitement faire monter la sauce. Hommage
leur soit rendu ».
Est-ce que ce bilan vous pousse,
vous oblige même, à accélérer
vos projets ?
« On est toujours dans le projet d'amener ce club et cette équipe en
Pro A et cette saison, bien évidemment, nous oblige à voir plus
haut. Mais on sait aussi que la première année est toujours plus
facile que la deuxième. Par rapport â cette année, nous aurons
de nouveaux arguments à faire valoir, en premier l'expérience acquise
par l'équipe et, en second, la mise à disposition par la Municipalité de la
Maison des Sports. Nous serons le club résident d'une structure de
5.000 places qui nous offre une unité de lieu et un panel de possibilités
que nous n'avions pas dans le cadre exigu de la
salle Fleury. Tout par cela fait que l'objectif de la saison prochaine sera
plus élevé, mais il dépend encore d'éléments
que nous n'avons pas encore complètement en main, dont la composition
de l'équipe. Et, entre les intentions et le plancher, il faut toujours
tenir compte des réserves d'usage liées à tous les impondérables
du sport. Regardez Strasbourg cette année ».
Justement, avez-vous déjà réfléchi à la
constitution du nouvel effectif ?
« La volonté est, d'abord, de garder les
joueurs en place, ainsi que l'encadrement technique, avec lequel nous sommes
actuellement en discussion. Certaines demandes posent problème, car il
faut bien que nous puissions assumer les engagements financiers que nous prendrons.
C'est l'urgence du moment et il faut que cela soit réglé la semaine
prochaine, sachant que les joueurs constituent
la base de la fondation et Jean-Aimé Toupane l'une
des pierres angulaires du projet. Sur ce sujet, je suis optimiste. Ensuite, il
faudra se renforcer pour jouer les premiers rôles et nous avons déjà des
idées et des contacts ».
« 1,1 MILLION D'EUROS DE BUDGET»
Ce joli programme nécessite
forcément une augmentation de budget. Avez-vous
déjà des certitudes financières
?
« Nous avons présenté à la Ligue Nationale un prévisionnel
de 1,1 million d'euros, soit 300.000 euros de plus que cette saison pour couvrir,
en grande partie, .la réactualisation des salaires et le recrutement.
Mais, pour l'instant, toutes les cases ne sont pas remplies. Les demandes de
subventions aux collectivités locales et territoriales ont été formulées,
nous attendons les réponses de la Municipalité, Clermont Communauté,
du Conseil Général et du Conseil Régional, dont nous espérons
un accompagnement plus important. De plus, nos principaux partenaires privés
nous ont réaffirmé leur soutien avec des promesses parfois réévaluées,
ce qui prouve qu'ils ont été satisfaits du produit.
Par ailleurs, on ne désespère pas d'en trouver de nouveaux, dans
la mesure où l'équipe est
aujourd'hui plus porteuse et devrait mieux se vendre. Enfin, on veut développer
nos propres recettes, domaine où on a péché cette année
parce que nous ne savions pas faire ou parce que nous n'en avions pas les possibilités.
Or, la Maison des Sports va nous
les offrir ».
Concrètement que comptez-vous faire ?
« Il faut savoir que nous n'avons jamais rempli la
salle Fleury, alors que nous avons fait 1.600 spectateurs
de moyenne lors de nos trois matches à la
Maison des Sports. Cette salle est plus attractive du
fait de son parking et de sa capacité public. Nous
comptons d'ailleurs sur une augmentation conséquente
des recettes guichet, aux environs du double de la saison
écoulée. Reste que nous devons optimiser ses
atouts, à travers des prix plus attractifs, un meilleur
accueil, une restauration plus performante, la création
d'une boutique et des animations autour des matches. Par
ailleurs, nous devons produire un effort sur la vente des
matches, le panneautage, ainsi que les réceptions
d'après-match et les repas de sponsors. Toutes ces
actions ne génèrent, sans doute, que des petites
rentrées, mais ce sont les petits ruisseaux qui font
les grandes rivières. Aussi, dans cette logique,
nous souhaitons professionnaliser le secteur communication-marketing ».